Il caso MH17 tra divieto di impiego delle armi contro aeromobili civili e gestione del rischio nello spazio aereo: riflessioni sulla recente decisione del Consiglio ICAO

Abstract

Laffaire MH17 entre interdiction de lemploi des armes contre les aéronefs civils et gestion des risques dans lespace aérien : réflexions sur la récente décision du Conseil de lOACI

1.      La décision du Conseil de lOACI et son contexte

Le 12 juin 2025, le Conseil de lOACI a adopté une décision au fond en vertu de lart. 84 de la Convention de Chicago, constatant la violation, par la Fédération de Russie, de lart. 3 bis à raison de l’abattage, le 17 juillet 2014, du vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines. Il sagit de la première décision par laquelle le Conseil, plutôt que de favoriser un règlement négocié, se prononce au fond sur un différend interétatique, en exerçant la fonction quasi juridictionnelle que lui confère la Convention.

Laéronef, parti dAmsterdam à destination de Kuala Lumpur, a été abattu au-dessus de lUkraine orientale par un missile sol-air tiré depuis une zone contrôlée par les séparatistes prorusses de la République populaire autoproclamée de Donetsk (RPD), causant la mort des 298 personnes se trouvant à bord. Les enquêtes du Dutch Safety Board (DSB) et du Joint Investigation Team (JIT) avaient auparavant permis de reconstituer les modalités de labattage, confirmant lutilisation dun système de missiles Buk-TELAR.

La décision de lOACI sinscrit dans un cadre juridique à plusieurs niveaux: le Tribunal de district de La Haye avait condamné à la réclusion à perpétuité trois accusés (novembre 2022); la Cour internationale de Justice navait reconnu quune violation limitée de la Convention pour la répression du financement du terrorisme (janvier 2024); la Cour EDH, dans son arrêt du 9 juillet 2025, a constaté la violation des art. 2, 3 et 13 de la CEDH dans la procédure interétatique introduite par les Pays-Bas et lUkraine contre la Russie. À ces décisions sajoute, le 30 juin 2025, la décision du Conseil de lOACI ordonnant la réparation en faveur des victimes. La Fédération de Russie a contesté les deux décisions devant la Cour internationale de Justice.